Basilie Chevrier a soutenu publiquement sa thèse réalisée sous la direction du Pr. Lyda Lannegrand le lundi 18 novembre 2019 à 9h30. Ce travail s'intitule : « Approche longitudinale de l’ajustement psychosocial des étudiants primo-entrants en contexte universitaire : Une question de transition vers l’âge adulte ».

La soutenance a eu lieu dans l’amphithéâtre Sigalas - Site Victoire, bâtiment C, 2ème étage.

Composition du jury :

Mme Emilie BOUJUT Université de Paris Descartes, Rapporteur

Mme Mariane FRENAY Université Catholique de Louvain, Rapporteur

Mme Véronique ROUYER Université de Bordeaux, Présidente

Mme Lyda LANNEGRAND Université de Bordeaux, Directrice de thèse

Mots-Clefs :

Devenir adulte, Environnement familial, Attachement, Transition d’habitation, Théorie de l’autodétermination, Adaptation en contexte universitaire

Résumé :

L’entrée à l’université représente une période de transition majeure jalonnée de différents changements de rôles, de statuts et de milieux. Cette période de transition correspond aux débuts du devenir adulte. Au cœur de ce défi développemental se situent les questions d’autonomie et d’indépendance. L’autonomie et l’indépendance s’acquièrent de manière progressive et s’expriment au travers des représentations que les jeunes adultes ont du fonctionnement de leur système familial et de leur propre fonctionnement. Ainsi, l’environnement familial, les représentations d’attachement, la transition d’habitation et les processus d’autodétermination sont des expressions du devenir adulte progressif des individus qui vont être particulièrement questionnées lors de cette transition majeure. En adoptant une vision holistique-interactionniste, ce travail de recherche s’est donné pour objectif d’interroger le développement psychosocial des jeunes adultes entrant à l’université en tenant compte des spécificités propres à leur période de développement.

Notre population d’étude se compose d’étudiants primo-entrants. En suivant une approche longitudinale, ce travail de recherche comportait trois temps de mesure et a donné lieu à la réalisation de deux cohortes successives. Le premier temps de mesure a eu lieu lors de la rentrée universitaire, en septembre/octobre (N = 1 142) ; le deuxième temps en milieu d’année universitaire, en février/mars (N = 248) ; et le troisième temps en fin d’année universitaire en juin/juillet (N = 101). A chaque temps de mesure, les participants ont été invités à répondre à un questionnaire qui évaluait leurs perceptions de leur environnement familial (i.e., relation parents-enfant et relations familiales), leurs représentations d’attachement, la transition d’habitation qu’ils vivaient, leurs processus d’autodétermination (i.e., motivation à la poursuite d’études et besoins psychologiques de base) et leur ajustement psychosocial (i.e., bien-être psychologique, estime de soi globale, dépressivité et résultats académiques). Les données ont été analysées en adoptant une approche à la fois centrée sur les personnes et sur les variables ainsi qu’en considérant les différentes formes de variabilités.

Nos résultats soulignent l’hétérogénéité et la multiplicité des profils d’environnement familial, d’attachement et d’autodétermination, des classes de transition d’habitation ainsi que des patterns de développement lors de l’entrée à l’université. Ces différents profils d’environnement familial, d’attachement et d’autodétermination présentent une évolution singulière au cours de la première année universitaire. Au niveau de l’ajustement psychosocial, nos résultats montrent que les caractéristiques personnelles (i.e., attachement et autodétermination) ont un effet sur l’ajustement au cours de la première année contrairement aux contextes dans lesquels évoluent l’individu (i.e., environnement familial et transition d’habitation). L’évolution de l’ajustement psychosocial au cours du temps s’avère positive et stable pour les profils positifs d’environnement familial, d’attachement et d’autodétermination alors qu’il est instable pour les profils négatifs. Enfin, nos résultats conduisent à considérer les besoins psychologiques de base comme des leviers permettant une meilleure adaptation en période de transition. Ces différentes observations apportent un regard complémentaire à la littérature et permettent de venir discuter des applications possibles dans l’accompagnement des adultes en devenir en contexte universitaire.

Mise à jour le 26/11/2019