Florence Yvon a soutenu publiquement sa thèse de doctorat en Psychologie intitulée : "Stéréotype de la schizophrénie dans les évaluations en neuropsychologie clinique : étude approfondie des enjeux méthodologiques et pratiques", sous la direction du Dr. - HDR Antoinette Prouteau et du Pr. Frank Larøi.

La soutenance s'est déroulée le lundi 27 mai 2019 à 13h00, à l'Université de Bordeaux-Victoire, 3 ter place de la victoire, 33076 Bordeaux - en Amphi Pitres.

Composition du jury :

Mme Chrystel Besche-Richard, Présidente du Jury

Mme Antoinette Prouteau, Directrice de thèse

M. Frank Larøi, Co-directeur de thèse

M. François Ric, Examinateur

M. Marc Corbière, Rapporteur

M. Stéphane Raffard, Rapporteur

Résumé :

   Ce projet doctoral s’inscrit dans le contexte de la réhabilitation psychosociale promouvant la lutte contre la stigmatisation des maladies psychiatriques sévères. Il vise à une meilleure compréhension de la stigmatisation de la schizophrénie au travers de l’étude des composantes du stéréotype et de ses effets sur les performances neuropsychologiques. La revue de la littérature sur la thématique nous amène au constat d’une grande hétérogénéité dans les méthodes d’exploration du stéréotype de la schizophrénie, en partie expliquée par un cloisonnement des recherches entre la Psychiatrie et la Psychologie sociale. Les deux études réalisées visaient à : i) explorer le contenu du stéréotype de la schizophrénie chez les familles et dans la population générale en France ; ii) étudier expérimentalement l’impact de la menace du stéréotype sur les performances cognitives des personnes souffrant de schizophrénie. La première étude montre que le stéréotype de la schizophrénie est plus massivement rejeté par les familles, et notamment dans sa dimension « Dangerosité ». Les résultats suggèrent en outre que la dimension « Incompétence » du stéréotype de la schizophrénie occupe une place centrale, autant chez les familles que dans la population générale. L’intégration de nos résultats dans les modèles développés par la Psychologie sociale nous amène à proposer un modèle du contenu du stéréotype de la schizophrénie, dans lequel les dimensions de dangerosité et d’incompétence du stéréotype prédiraient des patterns spécifiques d’émotions et de comportements discriminatoires. La seconde étude, expérimentale, ne permet pas de mettre en évidence un effet négatif de la menace du stéréotype de la schizophrénie sur les performances exécutives. Cette absence de résultat significatif nous amène à discuter des enjeux méthodologiques dans les designs expérimentaux, en particulier quant à leur application dans la schizophrénie. Ainsi, certains facteurs comme le domaine d’identification, le choix des mesures cognitives et la prise en compte des différentes menaces potentielles apparaissent primordiaux pour les recherches futures.

Mise à jour le 25/11/2019