Nahema BETTAYEB a soutenu publiquement ses travaux de thèse intitulés : "Concept de soi et miroir social des enfants en milieu scolaire Etude du rôle des processus de comparaison sociale de soi et du soutien social" dirigés par Madame Pr. Colette SABATIER

La soutenance s'est déroulée le vendredi 15 décembre 2017 à 10h00 à l'Université de Bordeaux - 3, ter Place de la Victoire 33076 Bordeaux Cedex - Amphithéâtre GINTRAC.

Composition du jury :

Mme Colette SABATIER Université de Bordeaux Directeur de these
Mme Isabelle ROSKAM Université Catholique de Louvain Rapporteur
M. Blaise PIERREHUMBERT Service Universitaire de Psychiatrie de l'Enfant et de l'Adolescent Examinateur
Mme Teresa BLICHARSKI Université de Toulouse II - Jean Jaurès Rapporteur
Mme Lyda LANNEGRAND Université de Bordeaux Examinateur
M. Philippe COMPAGNONE Université de Bordeaux Examinateur

Mots-clés :

Concept de soi, Image de soi, Comparaison sociale de soi, Soutien social, Enfants, Milieu scolaire

Résumé :

L’objectif de cette thèse est d’examiner comment les caractéristiques propres des enfants en milieu scolaire contribuent au lien entre le miroir social et l’élaboration du concept de soi. Cette recherche s’inscrit dans une approche psychosociale de la construction du concept de soi et s’appuie sur les ancrages théoriques de James (1890), Baldwin (1897), Wallon (1959) et plus particulièrement sur les travaux de Cooley (1902) concernant le miroir social. Les travaux de Nurra & Pansu (2009) ont ouvert la voie en proposant de prendre en compte le rôle médiateur des perceptions que l’enfant prête aux autruis significatifs verticaux (parents et enseignants) entre les évaluations d’eux-mêmes et la façon dont les enseignants et les parents les évaluent. Pourtant des travaux montrent que les pairs (autruis horizontaux) participent également au miroir social (Hue, 2006) et que l’enfant évalue ses propres compétences en les comparant à celles de ses pairs (Boissicat, et al., 2012). Cette thèse propose d’affiner le modèle du miroir social en milieu scolaire en y intégrant d’une part les perceptions prêtées par l’enfant aux autruis significatifs verticaux et horizontaux et d’autre part en examinant le rôle de la comparaison sociale de soi et du soutien social dans l’élaboration du concept de soi. Le recueil des données a été réalisé dans 6 écoles primaires auprès de 43 enseignants et de 1073 enfants du CE1 au CM2 (51,35% de filles). Les enfants ont répondu aux échelles d’autoévaluations des compétences personnelles (Harter, 2012), de perceptions prêtées aux enseignants et aux pairs (Nurra, & Pansu, 2009), de soutien social (Harter, 2012), de comparaison sociale du soi scolaire (Bouffard, et al., 2014) et d’importance accordée aux domaines de compétences (Harter, 2012). Les enseignants ont évalué les enfants avec l’échelle d’évaluation des compétences de l’enfant (Harter, 2012) et l’échelle d’adaptation psychosociale de l’enfant (Bonnet, & Strayer, 2000; Bonnet, 2003). Les enfants ont évalué les compétences de leurs camarades de classe avec l’échelle de Lapointe, Noêl, & Strayer (1993). Globalement, les résultats montrent des effets directs des évaluations des autruis significatifs sur la confiance en soi et des effets indirects avec une médiation par les perceptions prêtées par l’enfant à ses autruis significatifs. Pour les enseignants et les pairs, le lien direct est significatif mais faible, la part de variance expliquée est respectivement de 5% et de 6%. Le lien entre les évaluations de l’enfant par l’enseignant et la confiance en soi est partiellement médiatisé par les perceptions prêtées par l’enfant à son enseignant (33% de variance expliquée). Pour les évaluations de l’enfant par les pairs, les résultats se différencient en trois groupes selon les dimensions de nominations les plus saillantes. Pour le groupe évalué par les pairs de façon élevée sur la dimension «compétent-ajusté», le lien entre les évaluations de l’enfant par les pairs et la confiance en soi est partiellement médiatisé par les perceptions prêtées par l’enfant à ses pairs (41% de variance expliquée). Pour le groupe évalué par les pairs de façon élevée sur la dimension «difficultés scolaires», le lien entre les évaluations de l’enfant par ses pairs et la confiance en soi est totalement médiatisé par les perceptions prêtées par l’enfant à ses pairs (40,4% de variance expliquée). Toutefois pour le groupe évalué par les pairs de façon élevée sur la dimension «difficultés sociales», le lien direct est significatif et l’effet de médiation n’est pas démontré. Les résultats indiquent également le rôle modérateur de la comparaison sociale, du soutien social et de l’importance accordée aux domaines dans les autoévaluations des enfants. Cette thèse souligne l’importance et la complexité du lien entre l’enfant et le milieu scolaire. Le concept de soi n’est pas une entité isolée mais prend sens au sein de facteurs internes au fonctionnement de la personne et de facteurs externes.

Mise à jour le 05/04/2019